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La révolution du silence
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La Révolution du silence traite du fonctionnement psychologique humain en général et plus particulièrement de son rapport à la religion ou à l’inconnu. Le commentaire entre dès le début sur la problématique du regard de l’individu sur la réalité qu’il observe. (La révolution du silence est le titre original d’un des nombreux livres de Krishnamurti parus en Livre de Poche)
J’ai choisi d’aborder ce thème en montrant différents endroits de pratiques spirituelles et sociales en Inde, car dans ce pays la culture dominante ne sépare pas systématiquement ces deux aspects de l’expérience humaine et que l’on y trouve des pratiques visuelles et donc qui peuvent être filmées. Depuis des dizaines d’années, l’Inde se réveille d’une pratique spirituelle trop contemplative et s’ouvre à l’Occident. En sens inverse, des occidentaux de plus en plus nombreux ont trop tendance à rejeter l’action social (commerce, professions, entraide, etc.) pour se réfugier dans un état contemplatif en acceptant, contraints et forcés et « la mort dans l’âme » des activités de survie. Deux attitudes qui font appel à des fonctions différentes du cerveau. Le cerveau gauche rationnel et siège de l’intellect, le cerveau droit intuitif, émotionnel et qui ouvre des perspectives nouvelles.
Marilyn Ferguson avec ses livres La révolution du cerveau et Les enfants du Verseau (J’ai Lu) analyse ce grand mouvement qui se développe particulièrement aux États unis depuis vingt ans. « La conspiration du Verseau » (conspiration : respirer ensemble) comme elle le nomme a pour but d’établir un nouveau paradigme qui recentre l’individu en utilisant le potentiel entier de son cerveau pour lui permettre de s’épanouir en collectivité en utilisant beaucoup mieux sa créativité. Se changer soi-même pour changer la société, de l’intérieur vers l’extérieur pour que les choses « aillent de soi ».
Au travers une meilleure connaissance de toutes les cultures, des avancées technologiques, des expériences et pratiques multiples qui bouleversent les projections anciennes de l’être humain sur la nature, la société et sur lui-même.
Pour illustrer ce propos, la rencontre intellectuelle la plus saisissante fut faîte entre le physicien David Bohm, disciple d’Einstein, Karl Pribram, un neurophysiologiste de Stanford et la spiritualité orientale : l’hologramme. Son principe est décrit de façon simple par le biologiste Lyall Watson : « Le type de lumière le plus pur dont nous disposons est celui produit par un laser, qui envoie un faisceau dont toutes les ondes sont synchrones. Lorsque deux faisceaux laser se touchent, ils produisent des franges d’interférences faites de rides lumineuses et obscures, qui peuvent être fixées sur une plaque photographique. Si l’un des faisceaux, au lieu de venir directement du laser, est d’abord reflété par un objet, comme un visage humain, le réseau qui en résultera sera certes très complexe, mais pourra encore être photographié. Cet enregistrement sera un hologramme du visage. Selon Bohm, toute substance ou tout mouvement apparent sont illusoires, tout comme dans une enseigne commerciale faite d’une rangée de lampes qui s’éteignent et s’éclairent pour donner l’impression d’une flèche en vol, ou bien dans un dessin animé qui donne l’illusion d’un mouvement continu. Les phénomènes émergent d’un autre ordre de l’univers, plus primordial, un réseau immense d’ondes électromagnétiques composé de multiples fréquences. Bohm nomme ce phénomène l’holomouvement. Pribram a vu dans l’hologramme un modèle passionnant pour expliquer la manière dont le cerveau enregistre les informations. Il découvrit avec d’autres chercheurs ce qui était, apparemment, les stratégies de calcul utilisées par le cerveau en matière de connaissance et de sensations.
Il s’avère que pour voir, entendre, sentir, etc., le cerveau doit entreprendre des calculs complexes sur les fréquences des données qu’il reçoit. »Ces processus mathématiques n’ont plus guère de rapports de bon sens avec ce que nous percevons comme le monde réel ». Ce qui apparaît comme un monde stable, tangible, visible, audible, disait Bohm, est une illusion. S’il est dynamique, kaléidoscopique, il n’est pas réellement là. Ce que nous voyons normalement est l’ordre des choses explicite, déployé, qui se déroule comme un film dont nous serions les spectateurs actifs.
Si la nature de la réalité est elle-même holographique, et si le cerveau fonctionne holographiquement, alors le monde est vraiment, comme l’ont dit des religions orientales, maya : une apparence magique. Le conditionnement de nos croyances, de nos cultures sont l’interface pour lire cette réalité mouvante.
Encore grandement occulté en France, notamment avec un curieux statu quo entre la République, la science académique et l’Église catholique, et malgré de colossaux succès de librairie en France, ce mouvement multiple, avec ses kyrielles de scientifiques, de psychologues, d’artistes, de groupes d’études corporels suivant différentes écoles de yogas ou de zen, ne peut qu’émerger rapidement dans les médias de la vieille Europe comme il le fait depuis plus de vingt ans aux États Unis.
Une démarche générale qui remet en cause les religions et les idéologies utilisées comme systèmes de pouvoirs sur l’individu. Avant Freud par exemple, Napoléon interprétait et analysait ses rêves en public. On s’aperçoit aujourd’hui que le soi-disant inconscient peut servir la volonté consciente et vice versa dans une harmonie qui fait défaut à la masse. Un peu l’histoire de Galatée, ce robot qui s’éveille, et qui est le nom de la société de production de Francis et Valentine Perrin. « La Révolution du silence » se veut juste être une présentation qui soulève des questions en cette fin de millénaire. Pour toutes ces raisons, il s’agit d’un film non institutionnel qui questionne nos rapports envers nos croyances et nos institutions sur leurs fonctionnements partiels, centralisateurs et binaires. Je l’ai construit de manière à ce que le téléspectateur ne le voit pas comme une distraction plus ou moins informative, mais pour qu’il se sente concerné dès le début.
A. Dussort juillet 1999
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