Dr Alain ROSE-ROSETTTE, Dr Marc VERCOUTERE Editions de Guibert, 2007
Au lendemain de la Première Guerre mondiale qui fit plus de 13 millions de morts, un autre désastre plus meurtrier encore se prépare : la « grippe espagnole »
Number one : Hache 1 Haine 1 Au lendemain de la Première Guerre mondiale qui fit plus de 13 millions de morts, un autre désastre plus meurtrier encore se prépare : la « grippe espagnole » qui, selon une rumeur persistante en France à cette époque de guerre, proviendrait de boîtes de conserves importées d’Espagne, dans lesquelles des agents allemands auraient introduit des microbes.
D’autres hypothèses plus ou moins sérieuses ont également circulé sur son origine. En dépit de son nom, né de cette rumeur française, bien typique d’une psychose collective en temps de guerre qui fait voir partout la main de l’ennemi, cette grippe semble en fait avoir débuté aux Etats-Unis dans le camp militaire de Fort Riley, voire celui de Funston au Kansas selon d’autres sources. Peu avant son éclosion, les soldats américains furent massivement vaccinés en 1917-1918, avant leur départ pour l’Europe, et ce contre la variole, la diphtérie, le tétanos, la rage et la typhoïde. De telles campagnes de vaccination furent pratiquées systématiquement dans toutes les garnisons américaines, ainsi que chez une partie de la population civile. Cette grippe se répandit alors à travers le continent nord-américain en l’espace d’une semaine. Son introduction en Europe eut lieu à Bordeaux avec le débarquement du contingent américain en avril 1918. En avril et mai, l’épidémie accompagna l’armée américaine en Italie et en Espagne. De là, elle s’étendit à l’Europe entière, puis dans les colonies, notamment par les transports de soldats. Après une première vague bénigne où la plupart des victimes furent sur pied au bout de quelques jours de fièvre, deux vagues meurtrières se succédèrent, l’une de mi-septembre à décembre 1918, l’autre de février à mai 1919, tuant près de 40 millions de personnes dans le monde entier avant de disparaître. Ce fut, pour l’époque, un grand désastre sanitaire. Près de la moitié de la population mondiale aurait été touchée par ce virus frappant essentiellement des nourrissons et des adultes jeunes, victimes de complications infectieuses graves en cette période de fin de guerre et de totale pénurie, sans l’aide des antibiotiques qui n’existaient pas encore.
Certains Etats payèrent un lourd tribut en vies humaines : 550 000 américains moururent, soit bien plus que les pertes cumulées des deux guerres mondiales,
de la guerre de Corée et de celle du Vietnam. Dans l’armée américaine, il y eut 35 à 40% de grippés avec une mortalité de 2,5%. En Alaska, 25% de la population fut fauchée dont 60% chez les esquimaux. En France, on évoqua plus de 400 000 victimes, dont Edmond Rostand et Guillaume Apollinaire, mais la censure de guerre en limita l’écho, les journaux préférant annoncer une nouvelle épidémie en Espagne, pays neutre et donc moins censuré, alors que l’épidémie faisait déjà ses ravages en France. On comptabilisa également 112 000 victimes anglaises, 400 000 en Allemagne, des milliers de victimes en Afrique et entre 13 et 20 millions de morts pour le seul sous-continent indien.
Curieusement, la Grèce et quelques autres pays qui n’avaient pas accepté ces vaccinations de masse échapperont comme par miracle au fléau de cette grippe
. Aux Etats-Unis, les seuls qui ne furent pas contaminés furent les individus qui refusèrent les vaccinations. D’autre part, regroupant les observations convergentes d’une cinquantaine de médecins homéopathes américains, un article publié dans The Journal of the American Institute of Homoeopathy de 1921, témoigne des pourcentages de guérison importants obtenus par cette médecine globale. Ainsi, Dean W. A. Pearson, de Philadelphie, recensa 26 795 cas de grippe traités par des praticiens homéopathes avec une mortalité de 1,05% alors que la mortalité moyenne chez les tenants de la médecine classique était de 30%. La société médicale Homéopathique du District de Columbia rapporta 1 500 cas avec seulement 15 décès. De son côté, le Dr E. F. Sappington, de Philadelphie, signala 100% de guérisons à l’Hôpital Homéopathique national. Selon Eleanor MacBean, témoin sur place aux Etats-Unis de cette épidémie, « des hommes vigoureux et robustes pouvaient ainsi mourir du jour au lendemain. La maladie présentait les aspects de la peste noire, comme aussi de la fièvre typhoïde, de la diphtérie, de la pneumonie, de la variole, des maladies paralytiques, comme d’autres maladies contre lesquelles les populations avaient été vaccinées juste après la première guerre mondiale.
Pour autant que j’aie pu l’observer, la grippe atteignait essentiellement les vaccinés
. Ceux qui avaient refusé la vaccination échappaient à la maladie. Ma famille avait refusé toutes les vaccinations : c’est ainsi que nous sommes restés tout le temps en bonne santé (…) Quand l’épidémie atteignit son paroxysme, tous les magasins, les écoles, les entreprises étaient fermées et même jusqu’à l’hôpital. Les infirmières et les médecins qui s’étaient faits vacciner étaient terrassés par la maladie. On ne voyait plus personne dans les rues. La ville était devenue une ville fantôme (…) Alors que pour les médecins et les hôpitaux traditionnels, les décès s’élevaient à 33%, les autres hôpitaux (non traditionnels) comme Battle Creek, Kellogg, Macfadden’s et Health-Restorium obtenaient pratiquement 100% de guérison avec des méthodes naturelles simples comme les cures d’eau, les bains, les lavements, le jeûne, des régimes alimentaires très bien étudiés comprenant essentiellement de la nourriture naturelle (…) Chez les militaires vaccinés, la maladie a frappé sept fois plus que chez les civils non vaccinés… » (Swine Flu Expose, Eleanor MacBean Ph.D., N.D, 1977).
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