La vraie vie moderne au pays

La vraie vie moderne au pays

Publié le septembre 4, 2009 dans Critiques sociales

On voudrait vivre tranquillement comme tout le monde,

même si on est pauvre, même si on consomme pas,

qu’on est plus capable de rentrer dans un super marché,

vivre même si on paye pas d’impôts et pas de redevance,

mais qu’on ouvre sa porte aux colporteurs de paix

et aux perdus du système,

vivre tranquille

même si on habite au fin fond de la campagne

sur une friche industrielle abandonnée

et qu’on préfère consacrer ses après-midi à débroussailler

les restanques, les faïsses, les bancels,

où nos ancêtres cultivaient la vigne sur une terre saine,

on voudrait vivre tranquille

avec nos panneaux solaires et notre évier dehors,

et sur la table de nuit, nos livres de philosophie,

d’anthropologie et de spiritualité politique,

on voudrait vivre tranquille en osant inventer

des actes cohérents pour un monde humain et fraternel,

avec de la place pour tous, aussi nombreux qu’on soit,

de l’amour pour tous, un accueil pour chacun,

c’est fou comme le coeur s’élargit quand on le laisse s’ouvrir,

un toit pour tous, un toi pour moi,

quelqu’un ou quelque chose qui m’abrite

parce qu’on est pas des bêtes,

on voudrait vivre tranquillement sa vie

comme on l’imagine, comme on la rêve,

même sans argent, même sans portable,

sans bagnole, sans télé et sans jacuzzi,

même si on se traine plus chez l’AS et l’ANPE,

qu’on glane les champs et les fins de marché,

les fripes de la croix rouge, les salades sauvages,

qu’on chante le matin avec les oiseaux

et le soir autour du feu,

mais non, ils t’accusent

d’être assisté, parasite et paresseux

et en même temps te reprochent

de prendre ta vie en main,

ils t’accusent de vivre sous une tente, dans un camion,

une maison en paille ou une veille ferme retapée,

ils vous fouillent, vous dépouillent,

vous flanquent des gifles et vous fichent,

bien que vous n’ayez guère l’air d’un brigand,

mais l’air respirable que vous avez,

insoumis, libre, insouciant et grave,

ils ne peuvent le blairer,

et nous, on peut plus croire qu’on se fait épingler

au mauvais moment au mauvais endroit,

quand cet endroit c’est ta maison

et ce moment celui que tu as choisi pour être heureux.

Moi j’aurais voulu vivre tranquillement sous ma yourte

mais j’ai encore un procès en ville demain,

_c’est Jeudi prochain, au tribunal d’Alès en Cevennes,_

je vais encore louper le marché de mon village,

alors je vous dis, serrons nous les coudes,

venez avec moi, _ce Jeudi matin le 27 à 9 heures,_

parce qu’on peut pas les laisser faire,

simplement parce que

ce n’est pas juste.

/*Sylvie, de « Yurtao, la voie de la yourte ».*/


« Si 5% de la population décidait d’autoconstruire son habitat avec des
matériaux premiers, d’être autonome en alimentation et énergie, de ne
plus consommer mais d’échanger, de recycler et surtout de ne plus
recourir aux banques pour emprunter, tous le système s’écroulerait !

On donne des idées à d’autres qui viennent nous voir de partout en
France et exportent le modèle solidarité-autonomie-écologie vers leur
région…

…Alors la bête (le capitalisme) a peur, elle est blessée (crise
financiére, boursiére et bientôt économique), alors elle se défend.

-on embastille ou ruine les faucheurs d’OGM

-on perquisitionne et met à sac la maison d’un producteur de purin d’ortie.

-on crée des fichiers

-on menace les sages femmes qui font accoucher à domicile

-on dérembourse les médicaments homéopathiques avant de bientôt les
interdire

-on interdit la culture des légumes anciens au profit des hybrides F1

-on interdit les yourtes

-on empêche les gens de rouler à l’huile

-on interdit l’utilisation des toilettes séches, de l’eau de pluie,
l’épuration phytosanitaire

-on vide les squats

-on privatise les services publics, la culture, l’école.

-on empêche la construction écologique

-on envahit une petite communauté et tout un village avec 150 policiers,
on fout à bas du lit des nanas à poil, on les menotte dans le dos et on
les laissent ainsi debout pendant huit heures pendant qu’on démolit
toute leur ferme pour trouver quoi ? un fascicule des horaires SNCF(
j’en ai aussi pour éviter qu’on m’oblige systematiquement à passer par
la ou je veux pas), du matériel d’escalade (traduisez : une échelle,
c’est pas très courant dans une ferme) et deux pinces de forge (normal
quand on est forgeron ?)

-et bientôt, l’autoconstruction sera aussi un délit ! »

Un auto-constructeur.

Voir aussi :

  1. Échappées nomades
  2. Manifeste pour un « Droit au logement choisi »
  3. Projet de Parc Naturel en Ariège et habitat
  4. La LOPPSI 2, un Patriot Act français